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NiceFuture > L'air du temps Qu'est-ce qu'un réfugié climatique ?Tout n'est ici qu'une question de point de vue, selon que l'on se place d'un côté ou de l'autre du problème.
Que l'on soit né en Suisse, en France, sur les bords du lac Tchad ou à Tuvalu peut changer l'essence même du mot réfugié. La définition des différents dictionnaires ne laisse pourtant pas la place à l'ambiguïté.
Un réfugié climatique, est avant tout un être humain. Une personne qui par suite de problèmes liés au réchauffement climatiques va perdre ses moyens de subsistance, et/ou son habitat. L'estimation du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), qui ne tient compte que des régions côtières, évalue à 150 millions le nombre de personnes qui devront être déplacées, dont 80% de celles-ci issues de pays en voie de développement. L'exemple de Tuvalu (état composé de onze petites îles perdues dans l'océan Pacifique) qui selon les pronostics sera submergé d'ici une cinquantaine d'années et dont la population de onze mille habitants devra quitter ses habitudes, ses terres et ses racines est édifiant. Même si dans ce cas précis il s'agit de musique d'avenir, ça fait froid dans le dos. Le réchauffement climatique est sans aucun doute le grand défi de notre siècle. Ces catastrophes naturelles se multiplient et remettent en cause le mode de vie des pays industrialisés. L'Europe est responsable de 33% des émissions de CO2 excédantes, sa responsabilité face à ces populations semble couler de source et pourtant les lois européennes concernant l'asile se durcissent chaque jour davantage. Il n'est pourtant pas nécessaire d'après le HCR (l'organe des Nations Unies en charge de l'observation du respect des accords internationaux concernant les réfugiés) d'adapter à ces nouvelles conditions le statut de réfugié. Les investissements colossaux dans des digues mobiles qui devraient permettre à Venise d'être sauvée des eaux tel Moïse, ne pourront jamais être le fait des pouvoirs publics des pays en voie de développement. Sans vouloir être alarmiste, il est temps pour nous de nous poser simplement la question suivante : Espère-t-on vraiment que nos frontières soient imperméables et ne laissent entrer que ceux qui auront passé avec succès les différents tests auxquels nous les soumettront ? Le temps semble venu de mettre en oeuvre davantage de moyens techniques et financiers pour que, dans le futur, nous puissions non seulement nous regarder en face mais également coopérer entre pays dans une atmosphère saine. Eric Cabanes
[29/01/2008]
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