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Commerce équitable ? Un nouveau trend !

Le commerce équitable, tout le monde en a entendu parler. Faire de ses emplettes un moyen d'agir pour réduire les inégalités Nord-Sud, c'est l'idée géniale du commerce équitable. Il consiste à garantir un revenu minimum au producteur initial et à lui donner des garanties suffisantes pour qu'il puisse se développer à long terme. Difficile d’être contre une idée aussi simple et fondamentale.

Les nouveaux produits et les entreprises visionnaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreuses à considérer ce principe dans leur stratégie de développement. Manor, Switcher, Coop ou Migros ont tous intégré ces produits dans leur assortiment, de quoi donner un supplément d’âme à leur gamme de produit et d'explorer un nouveau marché porteur. Preuve par les chiffres: 210 millions de recettes pour les distributeurs suisses en 2004 selon Max Havelaar! 

Max Havelaar est le label aujourd’hui internationalement connu du commerce équitable. Fondée en Hollande en 1988, l’organisation accorde son label aux marques qui respectent les règles internationales du commerce équitable, selon la charte du FLO (Fair Trade Labelling Organizations). Cette fondation contrôle le respect des critères du commerce équitable d’un bout à l’autre de la chaîne. Cette griffe est présente sur les produits suivants: bananes, ananas, mangues, jus de fruits, café, thé, chocolat, cacao, miel, sucre, riz, fleurs et plantes, et désormais textiles depuis avril 2005.

Et c’est un business qui marche ! Pour preuve, la part de marché des bananes est de 47% et les fleurs de 28% en Suisse. C’est vrai que c’est quand même plus charmant d’offrir des fleurs qui n’ont pas exploité quelques âmes humaines avant de conquérir le sourire du destinataire.

Chiquita, qui jouait les troubles-fêtes dans ce marché éthique, propose depuis peu une banane redorée d’un label, à la suite de la pression du marché. Nike assure que 2,5 % de coton bio est utilisé dans toute sa production. Claro, les Magasins du Monde et Terre Espoir, sont tous engagés dans un processus de commerce équitable.

Sans parler des marques qui font fureur et qui poursuivent une politique d'entreprise basée sur le commerce équitable, tout en restant au top du trend. Après les baskets Blackspot et Veja, la petite marque Misericordia fait très très fort : vendue chez Colette – le magasin lanceur de tendance le plus pointu de Paris - la marque commercialisée dans toute l’Europe et au Japon s’arrache par une cible jeune, urbaine, sélective et avant-gardiste.

Preuve que ce concept commence à faire son petit bout de chemin dans nos esprits… reste à modifier nos comportements de consommation dans d’autres domaines que l’alimentaire. Et à trouver des produits acceptables, car le marché non-food reste malgré tout confidentiel et en majorité confiné à quelques convertis « post baba cool » n’ayant pas l’obligation de se parer chaque matin du costume de pingouin nécessaire à une majorité d’entre nous.

LaRevueDurable publie dans son dernier numéro une enquête d’opinion qui traduit certaines ambivalences d’aujourd’hui. Menée sur la France et la Suisse romande, cette étude confirme que nous sommes largement plus engagés en Suisse, déliant nos bourses généreusement.

Selon M. Deriaz, responsable de Max Havelaar pour la Suisse romande, nous sommes même les champions mondiaux : « La Suisse est le plus grand consommateur de produits labellisés Max Havelaar avec un budget annuel moyen de 14 euros, derrière l’Angleterre qui suit avec un budget d’un peu plus 2,25 euros. La France vient loin derrière avec un budget annuel moyen dépensé par habitant d’à peine 0,6 euro. *» LaRevueDurable fait ressortir dans son sondage qu’une des raisons de notre fort engagement vient du fait que nos deux distributeurs détenant le duopole (Coop et Migros) distribuent et promeuvent ces produits. Propos confirmé par M. Deriaz qui ajoute que « notre pays est fortement sensibilisé depuis de nombreuses années à la solidarité internationale notamment parce que de nombreuses associations, fondations et ONG ont été présentes très rapidement en Suisse. De plus la Suisse est un petit pays ou l’on peut communiquer facilement à toute la population. »

*Etude datant de 2003

Référence: Comprendre les attitudes des consommateurs face au commerce équitable, LaRevueDurable, septembre-octobre 2005, numéro 17.
Cette enquête a porté sur 265 Suisses abonnés à LaRevueDurable et 214 Français, dont 100 abonnés à LaRevueDurable.

Barbara Steudler
[23/09/2005]

Liens externes
Max Havelaar Suisse
Misericordia, la petite marque qui monte!
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